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DOSSIER PEDAGOGIQUE LES TROIS AMIS

L E S B A M B O C H E S
SPECTACLE DE MARIONNETTES MUSIQUE ET CHANT
Pour enfants de 4 à 8 ans
Création LES BAMBOCHES, d’après Luda

Pour les enfants :

Pour enfants de 4 à 8 ans

Création LES BAMBOCHES, d’après Luda

 

Pour les enfants :
Nous préférons que l’histoire ne soit pas dévoilée avant le spectacle, afin que les enfants la découvrent lors de la représentation, mais certaines informations devraient être données aux enfants en préambule :

 

Pour les enseignants :

LES BAMBOCHES c'est une compagnie de théâtre de marionnettes itinérante qui existe depuis 1984 et dont la démarche est d'aller vers les publics et d'installer ses spectacles dans des lieux divers : théâtres et festivals mais aussi écoles et bibliothèques.

Basée à Genève (Suisse), elle tourne avec ses spectacles dans toute la Suisse romande et en France dans la région Rhône-Alpes. Les Bamboches ont créé en 2005 ZAITE VEUT UNE MAISON, en 2008 KRUNK, et ce sont plus de 240 représentations pour le jeune public qu'ils ont donné ces dernières années, en Suisse, en France, en Inde et pour la fête de la Francophonie dans plusieurs pays du nord et de l'est de l'Europe. 2010 est l'année de la création du spectacle LES TROIS AMIS.

La compagnie reste fidèle au public des petits et garde le chant et la musique comme partenaires privilégiés des marionnettes.

 

LE SPECTACLE

les 3 amis, image1Toujours attirés par la recherche, la découverte, l'innovation et la prise de risques, pour cette création 2010, les Bamboches explorent une nouvelle piste.

L’histoire LES TROIS AMIS est jouée par des marionnettes qui font du théâtre, du théâtre masqué et du théâtre de marionnettes. Au moment où le spectacle commence pour le « vrai » public, les marionnettes, comédiens, conteuse et techniciens, sept personnages au total, construisent la scène du théâtre, installent les rideaux, les décors, les accessoires. Leur public va rentrer dans une minute, on règle les derniers détails et le rideau rouge se ferme.

 

Le spectacle peut commencer !

 

Les trois protagonistes, la souris, la crêpe et l'oiseau, ainsi que le renard, sont joués par quatre marionnettes masquées et costumées. La conteuse, au léger accent russe, également marionnette, raconte l’histoire. Nous avons gardés le texte de Luda pour la conteuse et ses dialogues pour les protagonistes. Les trois amis chantent des chansons écrites par Douna Loup et mises en musique par Laurent Ecabert. A la fin de l’histoire, les marionnettes enlèvent leur masque et saluent le public.

Le spectacle est conçu sur deux volets : une initiation à la magie du théâtre, monter une scène avec trois bouts de bois et de tissus, et raconter l’histoire DES TROIS AMIS.

 

L’HISTOIRE

Dans une forêt, dans une clairière, dans une petite chaumière, vivent trois camarades, trois amis, trois frères: un oiseau, une souris, et une crêpe au beurre. Chacun a son rôle, l'oiseau va chercher les provisions dans la forêt, la souris coupe et ramasse le bois et fait le feu, la crêpe au beurre fait cuire la soupe.

les 3 amis, image 2Le soir, la soupe est vraiment délicieuse, parce que chacun a fait de son mieux et la crêpe au beurre a un secret : avant de la servir elle se trempe dedans, ainsi la soupe est épaisse, grasse, beurrée, parfumée. Les trois amis vivent comme ça, sans souci ni tracas, jusqu’au jour où le renard vient à passer par là. Il voit par la fenêtre cette crêpe au beurre appétissante, mais impossible de l’attraper, elle reste enfermée dans la maison.

Le renard va voir l'oiseau et lui dit :

  • Mon pauvre ami ! Ca me fend le cœur de te voir te tuer à la peine !...Vrai ! Quand je pense que tes amis n’ont rien à faire de la journée.
  • Comment rien à faire ? demande l'oiseau, tout étonné. Mais ils travaillent, tout comme moi !
  • Tu appelles ça travailler ? Un fagot de bois à couper, une soupe à mettre sur le feu... autant dire qu’ils n’ont qu’à se croiser les bras ! Et toi pendant ce temps, tu cours les champs et les bois du matin au soir !... Je voudrais bien voir la crêpe en faire autant ! Mais pas de danger qu’elle accepte la grosse paresseuse. L'oiseau se laisse convaincre par le renard et de retour à la maison il se met en colère.

les 3 amis, image 3

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les deux autres acceptent ses doléances, et il est décidé que le lendemain, ils échangeront les rôles, la souris fera la soupe, l'oiseau ira au bois et la crêpe au beurre s’en ira chercher les provisions dans la forêt. Le lendemain c’est la panique dans la forêt : l'oiseau tord son bec sur le bois qui est trop dur, la crêpe au beurre rencontre le renard qui, heureusement, se brûle et ne peut croquer qu’un petit bout de son corps délicieux, à la maison ce n’est pas mieux : la souris, consciencieuse, s’est trempée dans la soupe et elle n’en mène pas large ! Quand ils se retrouvent tous les trois, la crêpe dit :

- « Eh bien, nous voilà jolis, tous les trois ! Mais qu’est-ce qui nous a pris de vouloir changer de métier, comme ça ? On le sait pourtant...le travail qui vous convient, on le fait bien et tout le monde en profite. Tandis que le travail que l’on ne connaît guère ennuie la maisonnée entière et puis après il faut le refaire... »

les 3 amis, image 4Et les trois amis se sont remis à vivre comme avant. L'oiseau à chercher les provisions, la souris à couper le bois et la crêpe au beurre à faire la soupe. Tout le monde a été satisfait. Sauf le renard, bien sûr. Mais celui-là, vous pensez bien qu’on ne lui avait pas demandé son avis !

LES TROIS AMIS est un conte russe, retrouvé dans un livre de 1950 : LES MAITRES DE LA FORET, adapté par Luda dans une langue vive et poétique et illustré par René Moreu. Ce conte est plein de malice et de sagesse, une sagesse d'avant, une sagesse à contre courant du monde moderne.

 

 

THEMES DU SPECTACLE

 

- Le Théâtre et les coulisses d’un spectacle

- L’amitié, la collaboration

- Les qualités individuelles, les dons de chacun

- Les compétences, les métiers

 

LA MORALE

La conclusion que La Crêpe au Beurre tire de cette histoire n’est peut-être pas du goût de notre temps et sa morale peut paraître dépassée. Aujourd’hui la société prône la flexibilité, changer de métier plusieurs fois dans sa vie est considéré comme un atout. Ce conte met à l’honneur l’amour du travail bien fait et la compétence et critique subtilement les notions de flexibilité et d’interchangeabilité dans le monde du travail d’aujourd’hui.

C’est pourquoi nous assumons la réflexion de la crêpe « ...le travail qui nous convient, on le fait bien et tout le monde en profite », certains qu’elle reflète une sagesse et une aspiration profonde de l’homme, au-delà des modes et des contraintes économiques. Le temps pourrait donner raison à la crêpe…

C’est dans cet esprit que nous menons notre travail, sans nous préoccuper de la mode, de la frénésie consommatrice à laquelle les enfants aussi sont confrontés. Ces notions de places sont également applicable au monde de l’enfant, sa place dans sa famille, à l’école et lui apporte des repères sécurisant à partir desquels il peut développer sa propre individualité.

 

EXTRAIT D’UNE SCENE : La Bonne soupe :

  • L’oiseau : Je suis fatigué. Aujourd’hui, j’ai eu froid aux pattes. Dans la chaumière il fait bon, il fait chaud.
  • La souris :Quelle soupe ! Epaisse, grasse, beurrée, parfumée…
  • L’oiseau : Une soupe pareille, même le roi des rats ne s’en offre pas tous les dimanches. Et nous, c’est chaque soir comme ça !
  • La crêpe au beurre :C’est parce que, avant de servir, je plonge dans la marmite, je m’y tourne-retourne, clapote-barbote….et voilà la soupe beurrée, assaisonnée !
  • La souris :Et moi je ramasse le bois, je le ronge fin-fin pour qu’il brûle bien, j’attise le feu du bout de ma queue, la soupe cuit encore mieux !
  • L’oiseau :Et puis il faut voir avec quoi elle est faite cette soupe. Rien que des produits de tout premier choix ! C’est moi qui les trouve, c’est moi qui les cueille, c’est moi qui les apporte. Un champignon par ci, un grain d’orge par là, deux feuilles de chou, trois pois chiches… c’est ça qui fait la soupe riche.
  • La crêpe : Oh la bonne soupe.
  • Souris : -Bien faite.
  • Oiseau : -Bien cuite.
  • La crêpe : -Bien mitonnée.
  • Souris : -Bien assaisonnée.
  • Souris + Oiseau + Crêpe : -Elle est délicieuse (slurp) , son goût est parfait !

 

DISTRIBUTION

 

Projet, scénographie, construction marionnettes, mise en scène

Complice à la mise en scène

Musique

Paroles chansons

Marionnettistes

Construction décor

Peinture décor Lumière

Construction corps marionnettes

Costumes

Administration

 

 

Katia Larvego-Ringger

Anne-Laure Luisoni

Laurent Ecabert

Douna Loup

Esther Rizzo, Vincent Serez, Lola Pimenta ou Katia Larvego

Balthazar Boisseau, Søren Østergaard

Valérie Margot

Søren Østergaard

Luc Ringger

Iris Aeschlimann

Marieke Bopp

 

QUESTIONS POUR PROLONGER LA REFLEXION EN CLASSE

  • Tout le monde peut-il tout faire ?
  • Qu’est-ce qu’un don ?
  • Et vous, quelle sont vos qualités, vos dons? (ex : cuisiner, jouer d’un instrument, raconter des blagues…)
  • Qu’en faites-vous ? En faites-vous profiter votre famille, vos amis, votre classe ?
  • Quel métier s’imagine-t’on faire plus tard ?
  • Que fait-on si on ne sait pas faire quelque chose ? L’apprendre ? demander de l’aide à un ami ?
  • Pourquoi le Renard s’en prend-il aux Trois Amis ?
  • Qu’ont appris les 3 amis de leur mésaventure avec le Renard ?
  • Qu’est-ce qui a changé pour eux ?

PETIT JEU EN CLASSE…

 

Chaque élève prend le temps de réfléchir à une qualité qu’il possède et qu’il souhaite partager avec ses camarades. Le reste de la classe sait désormais qu’il peut s’adresser à l’un ou l’autre de ses camarades pour telle ou telle chose.

 

CHANSON DE LA BONNE SOUPE (à apprendre en classe avec l’aide du CD)

Le CD est en vente à la fin du spectacle, tarif écoles : 18.-

 

Nous sommes les rois de la Soupe

Jamais jamais elle ne loupe

Son goût est parfait Mêm' sans patates ni navets

Soupe au noix

Soupe aux p'tits pois

Soupe au racine

Ah divine!

Soupe au cornichon

C'est vraiment trop bon

Nous sommes les rois de la soupe

Jamais jamais elle ne loupe

Son goût est parfait

Mêm' sans patates ni navets

Soupe au choux

Soupe au cailloux

Soupe au radis

C'est exquis

Soupe de ciboulettes

Ça c'est trop la fête

Nous sommes les rois de la soupe

Jamais jamais elle ne loupe

Son goût est parfait

Mêm' sans patates ni navets

 

ACTIVITE EN SALLE DE GYM OU DE RYTHMIQUE

La course poursuite :

Etablir un parcours parsemé d’embuches (cordes, bancs, cerceaux ou autre). 1 enfant joue le renard, l’autre la crêpe…. On peut accrocher un sautoir au dos de la crêpe que le renard doit attraper, pour figurer le morceau de crêpe qu’il croque. On peut faire jouer plusieurs équipes en même temps et aussi intervertir les rôles.

 

DOSSIER PEDAGOGIQUE MISCHA ET SES FERES

Ce dossier pédagogique est un support pour continuer le travail et la réflexion avec les élèves après le spectacle « Mischa et ses frères », qui ne nécessite pas, à notre avis, une préparation en amont de la représentation.

 

CONSTRUCTION DU SPECTACLE :

5 personnes ont travaillé à la réalisation de ce spectacle :

  • Un menuisier-décorateur a fait la « structure » en bois permettant à la marionnettiste de manipuler les marionnettes et de faire tourner les rouleaux d’images. Pour les écrans des images, il a utilisé des vieux lits en bois de châtaigniers trouvés dans une ferme.
  • Une peintre-décoratrice de théâtre a peint les 40 mètres des rouleaux d’images. C’est de la peinture sur papier.
  • Un musicien a composé les musiques d’après des airs traditionnels des pays de l’Est et troué des cartons pour que ces musiques soient jouées par l’Orgue de Barbarie.
  • Une marionnettiste-conteuse a fabriqué les marionnettes à fils, conçu le spectacle dans son ensemble et interprété l’histoire : manipulation des marionnettes, chant, conte.
  • Un régisseur a conçu les éclairages et fait la « régie » (changement des éclairages), pendant le spectacle.

mischa et ses frèresCONCEPTION DU SPECTACLE :

Nous avons choisi d’illustrer cette histoire avec deux rouleaux d’images. On voit ainsi en parallèle le voyage de Mischa (le passé) et les réactions des ours dans la forêt (le présent). Pour cette raison également, on voit deux marionnettes de Mischa : une de Mischa petit ours qui vient de quitter la forêt, et une de Mischa adulte à son retour dans la forêt et pendant les derniers épisodes de son voyage. L’orgue de Barbarie occupe une place importante dans le spectacle, c’est la musique du spectacle et l’accompagnement des chants. On voit sur les images que le vieil homme de l’histoire possède également un orgue de Barbarie. Avec l’orgue, il fait danser la petite fille et l’ours et attire le public dans les villages.

Nous avons situé cette histoire dans les pays de l’Est. On peut le remarquer dans le choix des musiques et le style des dessins. La décoratrice s’est inspirée d’illustrations de contes russes. Les marionnettes sont des marionnettes à fils. Celle du vieil homme est à tringle (c’est une tige en fer qui relie la croix de manipulation à la tête), ce type de marionnette permet une manipulation plus vigoureuse, en effet, c’est lui qui va se « battre » avec l’ours.

 

L’HISTOIRE :

Le conte de « Mischa et ses Frères » est inspiré de vraies histoires d’ours danseurs qui ont existé dans les pays de l’Est. Nous pensons que cette histoire peut nous parler à plusieurs niveaux : Comme Mischa, beaucoup d’entre nous ont quitté leur pays d’origine. Le retour dans leur pays est parfois difficile, les autres, ceux qui sont restés dans leur pays, n’ont pas vécu la même vie, peut-on encore se comprendre ? L’histoire de Mischa c’est un encouragement à partir à l’aventure, à apprendre en dehors de sa tribu, à s’ouvrir aux autres et c’est aussi le courage de se libérer de ces chaînes.

Mischa

TEXTE INTEGRAL :

Dans la forêt vivait un ours, très vieux et très sage. Il habitait seul, tout seul, dans une grotte.

Là, tous les autres ours de la tribu venaient lui demander conseil. Un jour, un jour beau et froid, un ourson vint au monde.

Le vieil ours très sage le regarda, et dit :

  •  Celui-ci connaîtra beaucoup d'aventures!

Les mois et les saisons passèrent.

D'abord le printemps, l'été, puis l'automne.Un jour le petit ours quitta la forêt sans rien dire à personne.Ses amis le cherchèrent partout : dans les fourrés, sous les feuilles, sur les arbres…   rien ! Il était parti...bientôt on abandonna les recherches. Il y avait tant d'autres choses à faire : manger, manger, manger avant de s'enrouler dans sa fourrure pour l'hiver et de se réveiller bien plus tard, quand le printemps revient. C’était cela la vie d’ours. Et tous étaient contents.Mais un matin d'octobre, une surprise allait changer leur vie. C'était une journée chaude et les arbres étaient couverts d'or et de feu

.On le reconnut aussitôt. C'était lui, l'ourson disparu depuis trois ansIl était devenu grand et fort, aussi fort que les plus forts de la tribu.Dans la forêt la nouvelle se répandit comme un rayon de miel.

  • Il est revenu ! Il est revenu ! Tout le monde s'embrassait à coups de langue, et puis on fit cercle. On avait mille questions à poser
  • Raconte, raconte  disaient les ours. Nous voulons tout savoir. Nous nous n’avons jamais quitté la forêt ! 
  • D'abord, je n'ai jamais vraiment voulu vous quitter. Ce jour-là, il y a donc trois ans de cela, je me promenais sans penser à rien. C’était un matin comme aujourd'hui.  Le soleil brillait et les arbres étaient pleins de couleurs. Je me suis retrouvé près de la rivière. Au bord de l’eau, j'ai vu une petite fille  et un vieil homme.  Le vieil homme a sorti quelque chose de son sac. Le vent m’a apporté une drôle d'odeur, un parfum qui me chatouillait le nez. je me suis approché et j'ai vu que la fillette tenait dans sa main un beau gâteau, un rayon de miel. Le vieux monsieur en avait un aussi. J’ai reniflé de son côté. Et vous savez  quoi ? Il sentait l'ours ! Oui, mes frères, il sentait comme nous ! Alors, je me suis approché.
    L'homme m'a regardé et m'a dit : «Tiens, Mischa, prends ! » et il m'a offert du miel ! Le gâteau était si bon que je ne pensais plus à rien. L'homme a dit à l'enfant : « N'aie pas peur de Mischa ! » Mais la petite fille s'était cachée dans le manteau du vieil homme. Celui-ci s'est tourné vers moi et m’a dit: « Viens avec nous, Mischa! » et, voyant que j'hésitais, il m'a redonné un peu de miel. Je l'ai avalé goulûment. Après avoir fini mon  gâteau, je me suis retourné. La forêt était déjà loin, et j’avais un nom : je m'appelais Mischa.
  • Je sais ce que vous pensez, vous croyez que je vous ai quittés pour le miel ou pour le vieil homme qui sentait l'ours. Mais ce n'est pas seulement à cause de tout cela...    
     C’était  surtout pour la petite fille. Elle était sortie de sa cachette. Elle me regardait. Elle avait encore un peu peur. Et puis elle a compris que je ne lui ferais pas de mal.

    Alors, elle a souri. Son joli visage était devenu aussi clair comme un rayon de miel. Et elle m’a chanté cette chanson, dans une langue que je ne comprenais pas.Les frères ours écoutaient attentivement. Leurs yeux brillaient. Les plus gourmands pensaient au miel. 

Misha s’en aperçut et poursuivit :

 

  • Le vieil homme connaissait bien les ours. Savez-vous ce qu'il faisait quand nous arrivions dans un endroit ou bourdonnaient les abeilles ? Eh bien, il allumait sa pipe. Il soufflait de petits nuages. Il était alors tout enveloppé de fumée. A ce moment, il se dirigeait vers la ruche et quand il revenait, il avait beaucoup de miel. Et il n'était jamais attaqué et ça, aucun ours ne peut le faire -Et la fillette ?  demandèrent les frères ours.

    Ce n'était encore qu’une toute petite fille. Le premier jour, elle se mit à la droite du vieux, car moi, j`étais de l'autre côté de l'homme, à sa gauche. Mais à la tombée de la nuit, une nuit très froide, le vieil homme dit a l'enfant: « Regarde comme il fait froid ! tu sais, nous avons de la chance d'avoir trouvé Mischa. Tu as vu sa fourrure ? Il  te tiendra chaud ! »  Et il se tourna vers moi : « Tu veilleras à ce que la petite n’attrape pas froid, hein Mischa ? »  Et toute la nuit, je serrai la petite fille contre moi.

    Le lendemain matin, le vieil homme demanda à l’enfant: « Alors, as-tu bien dormi ? »« Comme dans un nuage ! »« Est-ce que tu as eu chaud ? » …« -Oh oui, comme près d'un poêle! »

    A partir de ce jour-là, la petite fille chemina à mes côtés.
  • Et du miel, tu en mangeais chaque jour ?  demanda un ours.
  • Pas tous les jours, mais quand j’en avais, c’était toujours sans piqure d’abeille, vous vous rendez compte! Et tout le temps que j’ai passé avec eux, nous avons mangé à notre faim. Dans les villages et les villes, les gens étaient heureux de nous voir. 

    Les animaux, au contraire, s’affolaient : Les poules caquetaient, les oies braillaient, les chiens aboyaient. Tout ce bruit, seulement à cause de moi...ils avaient peur. Heureusement les enfants étaient nos amis. Eux, ils voyaient tout de suite si nous avions faim. Même les grandes personnes s’approchaient pour nous regarder. La petite fille savait apporter tant de joie! 
  • Et qu’est- ce qu’elle faisait ? demandèrent les ours
  • C'est simple, dit Mischa, elle dansait !Les gens jetaient des pièces et les enfants nous apportaient à manger. Un jour, le vieux me secoua et dit: « Ah Mischa, si seulement tu savais danser! Tu sais, nous gagnerions beaucoup plus d’argent…» Alors, j’ai essayé.

    Au début, ce n'était pas facile. Mais le vieil homme avait beaucoup de patience. Avec la petite fille ils me montraient ce qu'il fallait faire. Bientôt, je dansai aussi bien que l'enfant. Enfin, ce n'est pas tout à fait ça. Moi, je dansais comme un ourson, et elle, comme une fillette Et c'est justement cela qui devait plaire aux gens. Quand je dansais, je tenais toujours une rose et à la fin de la danse, je la donnais à la petite fille. Les gens n'en finissaient plus d'applaudir. Et ils jetaient beaucoup plus de pièces. Le vieux avait raison.Les ours s'agitaient dans tous les sens.
  • Montre-nous ce que tu sais faire !
  • Non, ici ce n'est pas possible. Dans la forêt, il n'y a personne pour me regarder !

Les ours se mirent en colère :

  •  Et nous alors, on ne compte pas ?
  • Sans la petite fille, je ne peux pas danser.Un des ours arracha alors une jeune pousse d'arbre et dit :
  • Tiens, imagine que c'est la fillette ! Dans la forêt, on entendait un oiseau son chant rappela à Mischa l’orgue de Barbarie.

Les ours le regardaient attentivement. Ils se mirent à grogner en choeur comme pour l'accompagner. Au bout d'un moment, ils s`amusaient tellement qu'ils voulurent danser aussi

  • Allez, apprends-nous ! Mischa n'étaít pas bien d'accord. Mais ses frères étaient têtus et il cédaLes ours commencèrent à l'imiter.

Mais ils retombaient tous sur leurs gros derrières.

Au début, ils riaient beaucoup ; mais bientôt, chaque ours s'aperçut que lorsqu'il roulait dans la poussière, les autres se moquaient de lui. Soudain, plus personne n'eut le cœur à jouer.

  • Comment un ours peut-il accepter de danser ainsi ?-Et en plus, cela a duré trois ans !
  • Mais qu'avez-vous ?  Maintenant, je ne danse plus, c'est fini.-Oui, peut-être, mais tu l'as fait 
  • Un ours, un vrai, un qui se respecte, ça ne fait pas de telles choses! -Mais j'avais faim ! et puis, je ne pouvais pas laisser la petite fille mourir de froid
  • Pour lui tenir chaud, tu n'étais pas obligé de lui donner une rose! Dans la forêt, l'oiseau ne chantait plus. Les ours restaient immobiles comme des pierres. Alors Mischa se mit à raconter :
  • Vous savez, ce n'était pas toujours facile pour moi. Parfois les pieds me brûlaient, comme si j'avais dansé sur des braises. Et puis, il y avait aussi ces routes noires, ces voitures bruyantes qui filaient plus vite que le vent. Il y avait les voies de chemins de fer où circulent des trains sombres et inquiétants comme des nuages d'orage. Avec le vieux et la petite, nous allions d'une région à une autre. Nous marchions la nuit ou lorsqu'il pleuvait, pour ne pas laisser de traces. Eh oui, nous nous cachions, car les hommes ont de drôles de coutumes. Chacun a sa maison, son village : c'est son territoire. Les gens comme nous, qui n'ont pas d'endroit à eux, n'appartiennent pas vraiment au monde des hommes. Mes amis en souffraient... C’était encore plus dur l'hiver. Ils n'avaient pas une bonne fourrure pour les protéger du froid, eux.  Et puis nous avions faim aussi. Parfois, lorsque nos estomacs étaient trop vides, le vieux s'introduisait en cachette dans les villages, une fois la nuit tombée.

    Il rapportait des poules. Quand la petite fille demandait d'où elles venaient, il répondait : «  Elles sont comme nous, elles viennent de nulle part. » Et ces poules qui venaient de nulle part, elles allaient dans nos ventres. Elles étaient bonnes. Mais nous n'avions pas toujours la chance d'en trouver, et lorsque le printemps arrivait, nous étions si maigres qu'il fallait faire attention à ne pas être emportés par le vent. Ces jours-là, je pensais à vous, mes frères, et à la forêt.
  • Pourquoi tu ne revenais pas alors ?- demanda l'un des ours.
  • Mais, je suis revenu !
  • Oui, mais pourquoi pas avant ?
  • Vous ne pouvez pas imaginer comme une petite fille peut craindre le froid. Certaines nuits d'hiver, il paralysait sa respiration. Les étoiles brillaient comme des éclairs gelés. Nous nous traînions parfois jusqu'à des granges. Là, je réchauffais l'enfant. Je l'empêchais de mourir. Non, c'était vraiment impossible de la quitter en hiver.
  • Alors, pourquoi n'es-tu pas parti en été ? Rétorqua l’un des ours. -Parce que le vieux jouait de l’orgue de barbarie et qu'il fallait danser. Croyez-moi, je ne voulais plus le faire, mais je n'avais pas le choix
  • Et pourquoi ?
  • Parce qu'il me tenait à une chaîne,  voila vous le savez maintenant !-Mais comment as-tu pu te laisser faire ?

    Le vieux n'avait pas seulement  un orgue de Barbarie. Il avait aussi un grand sac, très mystérieux. Il y fourrait beaucoup de choses !  Un jour, il en sortit une chaîne…La journée avait pourtant bien commencé, la fillette et moi, nous dansions.  Nous faisions route avec des gens qui voyageaient, comme nous, mais avec des roulottes. Ils nous avaient donné à manger, et allumé des petits feux partout. Ils étaient forgerons et savaient faire toutes sortes de choses, même des bijoux.L'un d'eux offrit un anneau en argent à l'enfant. Moi aussi, j'en reçus un. Mais il était en fer. J’étais curieux, et pendant qu'on le fabriquait, moi, je regardais. Quand le travail fut terminé, on me mit l'anneau dans le museau et le vieux y attacha une longue chaîne.  

    J’étais furieux. Je grondais de colère. Alors, le vieux m'offrit du miel en me disant :   « On est obligé de faire ça, Mischa, un ours comme toi ne peut pas se promener libre parmi les hommes. »

    Pendant trois jours, je refusai de manger. Le vieux portait une large ceinture. Il y fixa ma chaîne. A partir de ce jour-là, je suis devenu un prisonnier.-Mais pourtant, tu es bien là, aujourd'hui ! Où est la chaîne ?

Les yeux de Mischa se mirent à briller :

  • Le vieux adorait me faire danser à son gré. Un jour qu'il avait beaucoup bu, il commença à se vanter : «  Mon ours danse aussi longtemps que j'en ai envie! si je le veux il peut danser toute la nuit! »Mais personne ne le crut. Alors le vieux conclut un marché avec un paysan.« Si Mischa arrête de danser avant le lever du soleil, je te le donne ! que m’offres tu en échange ?
    - Dix poules ! dit le paysan-C’est trop peu. J'en veux cent !
    - D'accord pour cent ! » (Le vieux fait danser Mischa, celui-ci résiste et finit par briser l’a chaîne)
    - « Allez: daï daï Mischa danse, danse allez allez …. Doucement, Mischa, doucement ! »
    - La petite fille n'était pas là. Elle dormait dans la grange de l'hôtelier. Tout à coup, je vis une tache rouge devant mes yeux. La tache s'agrandit. je compris que c'était le soleil. Il était en train de se lever. Mischa Mischa,  revient revient Mischa !!!

    Le beau soleil rouge dansait devant mes yeux.   Il m'avait délivré. Ce jour-là, il s'était levé pour moi. Mon museau était déchiré, mais j’avais retrouvé la liberté.-Voilà, vous savez tout maintenant.  Les frères ours le regardaient fixement. L'un d'eux dit : « De toute façon, tu n'es plus comme avant! »-Mais bien sûr ! Lorsque je suis parti, j'étais un ourson.

    Aujourd'hui je suis un grand ours, comme vous !
  • L’ours secoua la tête : « Non, tu ne pourras plus jamais être comme nous !
  • Et pourquoi ?
  • Parce que tu es encore attaché!
  • Ce n’est pas vrai ! qu'il vienne seulement, le vieux et je lui montrerai ce qu'est un ours !
  • Je ne parle pas du vieux, je parle de l'enfant.
  • C’est vrai, ]'aime cette enfant. S'il n'y avait eu que la petite fille, je ne serais jamais revenu parmi vous.
  • Ah, tu vois !
  • Vous ne comprenez pas ! Quand je me suis débarrassé de la chaîne, j'étais très heureux de m'échapper.

    Mais lorsque je repense à la petite fille, je suis triste, comme si quelque chose me retenait encore.
  • Alors, tu n'as qu'à y retourner!…Tu es et tu resteras un ours danseur !
  • En plus, tu as un nom. Nous, n’en avons pas !
  • Mais le pire, c'est que tu as été enchaîné!
  • Mais, je ne le suis plus !-Ce qu'on a été, on le reste!
  • Et même, on voit que tu as eu une chaîne. On le voit à ton museau tout abîmé !
  • C’est justement parce que je m'en suis détaché qu’on le voit !
  • Est-ce qu'on le verra toujours? »Mischa ne répondit rien, il s’en alla.-Nous n'aurions peut-être pas dû le laisser partir dit un jeune ours…
  • Et pourquoi ?
  • Il nous a ridiculisés !

Ils se mirent à discuter. Soudain, l'un d'eux eut une idée :« Si nous allions voir le vieil ours très sage ? Lui, il sait ce qu'est un vrai ours, il nous dira si nous avons eu raison de laisser partir Mischa ! » Ils se mirent alors en route.Le vieil ours était assis devant la grotte, au soleil.

Arrivés vers lui, ils lui racontèrent tout ce qui était arrivé et il les écouta patiemment. A la fin de leur récit, les ours ajoutèrent : «  Toi, tu donnes toujours de bons conseils. Crois-tu que nous avons eu tort de le laisser partir ?

  • Peu importe ce que vous pensez de lui, il fait partie de votre tribu, il est lié à vous pour toujours
  • Est-ce qu'il va à nouveau quitter la forêt ?
  • Non, maintenant, il restera ici.
  • Mais que va-t-il faire désormais ?
  • Il va chercher une grotte.

C'est là qu'on le trouvera lorsqu'on voudra lui parler. Et un jour, tout le monde dira qu'il est un vieil ours très sage et qu'il donne de bons conseils. Vous vous demandez pourquoi? C’est parce qu'il a connu autre chose que la forêt. C’est parce qu’il a voyagé dans le monde. Et c'est aussi parce qu'il a eu une chaîne et qu'il a su s'en détacher.

Quand on n'a pas grandi dans la forêt, on sait beaucoup de choses. Mais il faut du temps pour que les autres s'en aperçoivent. Pour moi aussi, il a fallu du temps avant que l'on dise que j'étais un ours très sage. Oui, mais toi, tu n'as jamais eu de chaîne !

Le vieil ours leva la tête. Il la pencha sur le côté. Le soleil lançait des éclats.

A ce moment  tous purent voir la cicatrice laissée par I’anneau !  Et, plus personne n'osa poser de questions. Mais l`ancien s'approcha un peu et dit :

  • Il y a une chose que je voudrais savoir, c'est son nom, car je suis sûr qu'il a un nom !
  • Mischa !

Alors le vieil ours très sage s'exclama :

 

  • Oh ! Grand soleil ! Lui aussi !...

Les ours repartir dans la forêt en réfléchissant. -Vraiment se dirent-ils Mischa est un ours très courageux, et bientôt, chacun voulut redevenir son amis…  

 

DOSSIER PEDAGOGIQUE "ELLES FONT FONT QUOI"

L E S B A M B O C H E S
SPECTACLE DE MARIONNETTES MUSIQUE ET CHANT
Pour enfants dès 5 ans
Création LES BAMBOCHES

Pour les enfants :

mischa et ses frèresCONCEPTION DU SPECTACLE :

En construction

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


LES BAMBOCHES
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